J-2 avant le dépliage de mes ailes, l'usage voudrait que je les lisse de ma salive mais je préfère réclamer encore une becquée, cloîtré dans le nid familial. J'ai fais le plein, mes bagages sont quasi prêt. Ne pas penser aux oublis inévitables et autres gaffes que je vais engendrer comme à mon habitude. Dire que je me trompe de train en France alors au Japon... Penser à sa chance, à cet échange académique d'un an avec la faculté de Chuo et regarder de l'avant.
Et pourtant je suis tourné en arrière, les jambes dans un sens et le buste dans l'autre. Les derniers liens qui me maintiennent au sol ici ne vont pas être ôtés, je veux les conserver, au risque de les distendre. Et comme quand on tire sur un élastique, on a toujours peur qu'il nous pète entre les doigts. On connaît pourtant très bien la douleur que cela engendre, on se souvient sans problème de la sensation, de la gifle du caoutchouc et de la crispation soudaine qu'elle produit sur le doigt meurtri. Et malgré cela, impossible de s'en prévenir, de s'y préparer, quand l'élastique claque, à chaque fois l'on est surpris et on se demande ce qui arrive. Comment vais-je retrouver mes proches et ma famille à mon retour ?
Je pense au retour avant l'arrivée. Typiquement révélateur du syndrome de la débilité. Pas sénile mais enfantine : geindre à défaut de dire. 20 ans sur le départ, 20 kilos dans la soute et avec un peu de chance quelques plombs dans le crâne au retour.
Bon sang de bonsoir, Tokyo quand même !! Impatient et anxieux, j'espère faire de ce blog la bouée de détresse tokyoïte, le moyen de vous faire passer mes impressions, mes commentaires inutiles et les photos allant avec.
Pardonnez mes fautes d'étourderies et appréciez avec un peu de chance ma translation au pays des voyageurs abrutis* !
*(il faut bien croire les gens qui en reviennent le sont puisque à chaque fois que je parle de mon futur séjour, on me parle de sushis, de nems, de courbettes, de yamamotoquiadesratés et de kon-nichon-ha… Faudrait être con pour aller dans un pays pour lequel on associe tant de merveilles, non ?).
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